lundi 16 novembre 2009

Funny people?


Sandler: "si si je te jure, tu ressembles à Mariah Carey!"


Eminem: "Réfléchis bien aux prochains mots qui vont sortir de ta bouche"








Ayé. Enfin vu la dernière galette de Judd "la mer s'ouvre devant lui" Apatow, Funny People. On en a déjà beaucoup dit sur la sérieuse propension du nouveau golden boy de la comédie US à en faire des tonnes (comprendre: rajouter de loooongues minutes souvent dispensables à ses métrages) sur les 3 films qu'il a réalisé (j'omets volontairement de citer les prods Apatow dont un récent Year One de TRES sinistre mémoire). Une bonne demi-heure en trop pour "40 ans et toujours puceau" et "En cloque mode d'emploi" et cette fois, une bonne heure très superflue sur les 2h15 de ce "funny people".

En deux mots, petit rappel de l'histoire: George Simmons (Adam Sandler) est un populaire humoriste qui apprend que son corps est malade et qu'il devra tester un nouveau médicament. Il décide alors d'embaucher Ira Wright (Seth Rogen), un apprenti comique qui cherche à faire sa place dans ce difficile domaine. Ensemble, ils vivront de multiples aventures à la limite de la vraisemblance, surtout lorsque George fera l'impossible pour reconquérir son ancienne flamme (Leslie Mann).

La première heure, véritable OFNI, nous démontre à quel point Apatow représente le futur de la comédie: questionnement intérieur, humour glaçant, blague sur les bites, quête d'identité, crise de la quarantaine, blague sur les bites. Oh, bien sûr, pas vraiment d'éclats de rire pendant cette première heure mais un vrai sentiment "mélancomique" et l'impression d'avoir assisté à la seconde révélation d'Adam Sandler en tant que "vrai" acteur (après le passé inaperçu "Reign Over Me").

La seconde partie du métrage va malheureusement précipiter la chute du film: on sent qu'Apatow -après avoir mis ses angoisses existentielles en abymes dans la première partie- met cette fois ci sa peur de perdre Leslie Mann (sa "vraie" femme dans la "vraie" vie) ainsi que ses deux charmantes filles. Notre intérêt baisse à la vitesse de la lumière, le temps s'étire, long, très long, et ce n'est malheureusement pas la performance ridicule d'Eric Bana dans le dernier tiers du film qui relancera un quelconque intérêt. Seth Rogen n'a plus aucune once d'utilité scénaristique à ce moment là du film et c'est bien dommage car on le retrouve émacié, vif et drôlissime après l'avoir quitté en caricature de lui-même dans le très con "Observe and Report".

On offre donc un baillement poli en ayant l'impression d'assister à la fin d'un Judd Apatow à l'aura mythique pratiquement mort née. A moins qu'il ne se décide enfin à faire des films moins longs. Na.

mardi 3 novembre 2009

Vertige


Ici, un des personnages du film tente d'allumer une lampe tempête grâce à une loupe fixée sur son casque






On poursuit avec "Vertige" (ex-"Ferrata") d'Abel Ferry produit par Sombréro (la boîte de prod derrière le, euh, comment dire, "moyen", "Mutants") : Poussé par un désir d'aventure et l'envie de se retrouver, un groupe d'amis se lance sur une via ferrata, une voie d'escalade en haute montagne. Pour Chloé, Guillaume, Fred, Karine et Loïc, le vertige des sommets et celui de sentiments enfouis va vite compliquer le voyage, d'autant qu'ils découvrent avec horreur qu'ils ne sont pas seuls... L'expédition va rapidement virer au cauchemar.
Bon.
Premier cliché au bout de 3mn30: la scène de la photo de groupe qui va rester en surimpression quelques secondes afin que nous, spectateurs, puissions nous dire inconsciemment que le ratio de pertes va approcher les 100% parmi les personnages du film. Puis, arrivent 20mn miraculeuses, presque organiques, l'Homme face à la nature, la montage, les esprits de "Délivrance" (John Boorman) et de "Southern Confort" (Walter Hill) murmurent des mots doux à nos oreilles. Plans majestueux, mise en scène vertigineuse (ah ah ah), climax bien prenant (la scène classique du pont suspendue) bouclent admirablement le premier tiers du film.
Puis, patatras.
On opère un virage à 180° pour tomber dans le sous Wrong Turn: on se met en mode survival forestier pour les 50mn restantes tout en ne captant plus rien quant aux enjeux des personnages, les enjeux du scénario n'en parlons même plus, il s'agit avant tout de rester en vie...
Demi-ratage mais pas ratage total, on peut presque dire qu'il y a deux films en un dans ce "Vertige": le film d'Abel Ferry, qui tient peu ou prou dans sa première demi-heure, et un film de producteurs pour les deux derniers actes. Mais gardons confiance. L'essai n'est pas totalement transformé pour le ciné de genre français mais nous sommes sur la bonne voie. En tous cas, on l'espère...

The Orphan

Le twist de la fin? AH AH AH AH


Ou "Esther", en VF. Il s'agit nouveau film de Jaumet-Collet Serra, réalisateur du très bon "House of Wax" avec Paris Hilton (comme quoi...). L'histoire: Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier.
Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Esther.
Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la " douce " enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes...

Postulat classique de "domestic thriller" comme on dit en allemand matîné de "murderer children movie". Etrange cet orphan, coincé entre le très beau "Joshua" (encore avec Vera Farmiga, décidemment abonnée aux rôles de mères dépressives) et le très sur-côté "The Children".
Très bon moment tout de même qui nous fait démarrer sur une première heure de métrage "classique" avec une excellente exposition des enjeux et des personnages (un peu sur le modèle de l'école de genre espagnole) avant de bifurquer brutalement sur un WHAT THE FUCK twist somme toute assez rigolo, pour peu qu'on y croit un minimum....ce qui donne une dernière demi-heure bien vénère avec des moments de boucheries que rien ne laissait présager. Mais je le répète, ce twist, faut y croire hein.