mardi 14 avril 2009

The Wrestler

- Je t'ai pas croisé au CBGB toi?
- Et toi je t'ai pas vu dans un film avec Van Damme?

A la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d'entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l'adoration de ses fans. Mais lorsqu'il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d'un match, son médecin lui ordonne d'abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring...


Je l'ai seulement vu il y a quelques jours -honte à moi- et on a déjà beaucoup debattu sur ce film qui signe un énième come back du plus silliconné des acteurs, l'ancien Johnny Belle Gueule, Mickey Rourke. Autant annoncer la couleur tout de suite, je n'ai pas été totalement convaincu par les thématiques développées par Aronofski (Le poids des ans, la rupture avec la cellule familiale, l'esprit de reconquête et la passion) :Le Champion, avec Jon Voigt, et surtout Rocky, les avaient déjà abordées, en mieux. Il est à ce titre assez édifiant de dresser un parallèle entre les scènes de Rourke dans son supermarché de cambrousse (et ses chambres froides) avec le boulot de Balboa (une ... chambre froide de la banlieue de Philly) et le jeu de Rourke en lui même tout en grognements et en voix caverneuse. Filmé la plupart du temps caméra à l'épaule, le petit génie de Requiem for a dream et surtout The Fountain (vite) parvient cependant à nous faire entrer de plein pied dans le lumpenprolétériat des suburbs du New Jersey. Sinon Marisa Tomei a un bien joli corps et un film comportant une scène finale sur le son de Sweet Child O'Mine des Guns ne peut pas être totalement mauvais...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas entièrement convaincu par ton analyse de The Wrestler! Le parallélisme avec Rocky me parait un peu superficiel (même si dans la forme il y a des similitudes) sachant que ce dernier traite d'un looser qui saisit enfin sa chance pour se surpasser. C'est le chemin inverse dans The Wrestler (et c'est en cela que c'est intéressant) car The Ram fut une légende, et se bat pour survivre et ne pas sombrer. Le coté pathétique (que l'ont retrouve aussi chez Rocky) est ici beaucoup plus cruel car il se nourri d'un environnement bien plus violent (déchéance physique et sociale, horreur économique et décomposition familliale). Pour moi le tournant du film c'est la scène ou il jette l'éponge au supermarket, il en fait des tonnes, en parfait showman, et réalise que sa place est sur le ring, quitte a y rester.
Le refus d'Aronovsky de prendre position sur le final témoigne d'une grande sagesse, il se substitue au piège du happy/tragic end et refuse de nous imposer sa sentence sur le personnage! En somme, il nous invite nous aussi à ne pas juger son personnage.
;)

Ed a dit…

remarque intéressante en effet. je n'avais pas fait la liaison entre la loositude de balboa par opposition à la gloire déchue de the ram. En revanche, je trouve la "peinture" sociale du film de Avildsen (sur un scénario de Sly lui même, il faut quand même le préciser) bien plus juste que celle d'Aronofski: Dans Rocky on est vraiment plongé dans le lumpenprolétariat américain matinée de American Dream et quel plus bel hommage pouvait faire Aronofski si ce n'est calqué sa real sur ce modèle 70's?
Pour le reste, oui, la composition de Rourke est pas mal mais bon...le côté paralléle sur la rédemption de l'acteur et du perso me gêne un peu. C'etait un argument facile à postériori pour en faire une brouette à Oscars (ce que le film n'a pas été, Dieu merci)